Ras le bol du mépris et de l'indifférence en FLE !

2 Octobre 2013 , Rédigé par collectif FLE sud est Publié dans #TEMOIGNAGES, #DROIT DES FORMATEURS

 

La situation des enseignants de FLE est une thématique qui n'intéresse personne en France, ils sont ce que j’appelle, "les méprisés de la francophonie".

Il n'y a que peu d'endroits oùils peuvent s'exprimer, compte tenu de la petitesse de ce monde FLE, le côté procédurier de certains dirigeants et surtout la grande omerta que doivent respecter ces petits soldats du FLE sous peine de voir non pas leur contrat, qui n'existe pas, mais leur volume d'heures de cours réduites.

Je vous propose donc un petit éclairage sur le FLE à l'étranger et en France qui vous servira peut être.

  • A l'étranger

Premier débouché : le réseau culturel du MAE :

 

* Statut de vacataire pour 90 % des enseignants recrutés localement avec des contrats signés chaque année sans aucune garantie du maintien de leur volume horaire de cours ;

* Titularisation ou mensualisation extrêmement rare dans la majorité des établissements (en moyenne, création d'un poste à temps plein tous les 5 ans) ;

* Politique de recrutement et gestion du personnel obscure où les enseignants diplômés de FLE et expérimentés sont mis en concurrence avec les femmes de "..." (directeurs de grandes entreprises françaises), les étudiants des grandes écoles en échange universitaire désireux d'améliorer leurs fins de mois ou des enseignants de l'EN (professeurs de mathématiques, d'histoire, de philosophie, ...) venus goûter l'appel du large … ;

* Rémunération "fluctuante" des vacataires calculée au prorata des étudiants présents dans la classe (5-6 étudiants = 8 euros de l'heure / 7-9 étudiants = 10 euros de l'heure / 10-14 étudiants= 14 euros de l'heure), ce qui crée un climat malsain de concurrence entre les enseignants ;

* Aucune valorisation salariale en fonction des diplômes (Bac + 4 minimum), de l'ancienneté et des résultats des enseignants ;

* Disparité des salaires des directeurs nommés par le Ministère des Affaires Étrangères et qui ont, EUX, le statut d’expatrié avec tous les avantages que cela représente, à savoir des droits en France, des salaires pouvant atteindre les 5000 euros/mois et des avantages en nature ;

* Aucune prestation sociale, aucune assurance chômage, aucune prise en charge du coût des transports, aucune cotisation retraite versées aux vacataires, les laissant à moyen et long terme dans une situation administrative inextricable ;

* Aucune revendication syndicale possible face à la gestion des ressources humaines humiliante et méprisante soutenue par le service culturel de l'ambassade et son attaché culturel qui nie la souffrance et la désespérance des enseignants et qui vend à ces derniers la vacation comme seul horizon professionnel.


Deuxième débouché : les universités :

 

* Méconnaissance totale de l'existence de la spécialisation FLE sur le recrutement, ce qui amènent des enseignants de philosophie, de lettres classiques, de sociologie à être recruté aisément et à prendre en charge (avec une grande maladresse) des cours de langue et de civilisation pour des étudiants en début d'apprentissage de la langue. Et oui, être spécialiste de la littérature française du XVIIIème siècle paie beaucoup mieux qu'un enseignant FLE rompu à toutes les techniques didactiques et pédagogiques sur l'apprentissage des langues.


 


 

  • En France

Premier débouché : les centres privés de formation FLE

* Statut de vacataire pour 90 % des enseignants qui travaillent 3 mois dans l'année (juin, juillet, août) et sont en chômage pour les mois restants. Un petit tour sur les sites d'emploi fle.fr et fdlm.org pour se rendre compte de l'offre pléthorique de postes en CDD 3 mois l'été !!!!

* Politique de recrutement et gestion du personnel scabreuse où l'on croise énormément de directeurs ignorants, connaissant très mal les spécificités du FLE mais étant très attaché à la nécessité d'avoir un doctorat FLE pour postuler, QUI JE LE RAPPELLE N'EXISTE PAS ET N'EXISTERA JAMAIS. Encore une fois, un enseignant FLE avec 12 années d'expérience à l'étranger passera toujours APRES le doctorant non spécialiste du FLE et ayant une expérience minimale de l'enseignement.


Deuxième débouché : les centres FLE des universités françaises

* Obligation d'avoir un statut d'autoentrepreneur ou d'être titulaire de l'EN pour pouvoir travailler. Situation ubuesque qui rejette de nouveau les enseignants FLE les plus expérimentés et qui met en poste des enseignants LAMBDAS de l'EN sans réelle formation ni expérience en FLE.


Troisième débouché : les associations

* Rémunération au SMIC pour les plus chanceux ou travail quasi bénévole pour les moins chanceux. Appel pour nos amis les retraités qui ont l'impression de faire une bonne action : Comprenez une bonne fois pour toutes que votre action fait de l'ombre à des PROFESSIONNELS, qui eux sont spécialistes et qui aimeraient pourtant TRAVAILLER !!

 

Quatrième débouché : l'EN

* Pour travailler dans les classes spécialisées UPE2A, pas de CAPES (JE LE RAPPELLE : LE CAPES DE FLE N'EXISTE PAS) point de salut ! Quelque soit votre expérience, ces chers inspecteurs de l'EN s'en foutront royalement et préféreront prendre un enseignant de lettres modernes peu formé et peu aguerri à ce type de public.

Voilà, j'espère que vous comprenez un peu plus l'état de déliquescence dans lequel se trouve le FLE.

 

R.

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