Journée Réseau Hospitalité : Groupe langue

3 Octobre 2016 , Rédigé par collectif FLE sud est Publié dans #ACTUALITES

Compte-rendu Groupe Langue/ Journée Réseau Hospitalité

samedi 17 septembre 2016

Présence du collectiffle à la journée organisée par le réseau hospitalité en partenariat rapproché avec la Cimade. Une cinquantaine de personnes étaient présentes parmi lesquelles des bénévoles de la formation linguistique, des formateurs indépendants, des étudiants, le CRI, l'Université d'Aix et de nombreuses associations et organismes (formation linguistique, accueil et orientation des migrants, logement) telles que mot à mot, la Cimade, le Cada, Welcome, la Croix rouge, Transcultures, l'Asti, le Sufle, le Centre social d'Endoume, Didac'Ressources, comité citoyen nyonsais des réfugiés, la Pep 13, le Gisti...).

La matinée a été consacrée à la présentation rapide des personnes présentes et notamment de trois acteurs : le Cri, le Collectiffle et l'Université d'Aix (Stéphanie Clerc Conan-sociodidacticienne, cf Powerpoint accessible bientôt via le blog du collectiffle).

Des pistes de réflexion ont été listées afin d'organiser des tables rondes l'après-midi :

Table ronde sur la formation (continue et 'initiale') des formateurs bénévoles, sur le partage des 'bonnes' pratiques et des outils à mettre en œuvre

Notes de Stéphanie Clerc Conan

1. Édification de principes didactiques et éthiques fondateurs d’une Charte (ou Code de déontologie) : les postures du formateur, le regard sur les apprenants, leurs langues, la circulation de la parole, la relation, la dynamique de groupe…

2. Mise à distance de conceptions, notions (analphabètes…)

3. Didactique contextualisée : qqs principes, approches, comment valoriser la diversité linguistique et culturelle, apprendre les uns des autres

4. Préparer le formateur à l’hétérogénéité, à la prise en compte des conditions de vie, des émotions qui parasitent l’apprentissage

5. Éviter l’infantilisation : comment on s’adresse au public, les situations que l’on étudie : on ne va pas enseigner à prendre le bus à quelqu’un qui a traversé la planète

6. Savoir et oser transposer des compétences personnelles en classe : càd savoir en tant que formateur s’appuyer sur ses propres compétences (ex. une formatrice des AEFTI qui était cuisinière a animé un atelier cuisine avec des migrants (« Du piano à… ? »)

7. Premiers cours : quelles portes d’entrée ?

8. Comment les intéresser, les motiver et les fidéliser ?

9. Apprentissage de la lecture

10.Pratiques : le théâtre (avec écriture de la pièce et mise en scène avec des professionnels), les capsules vidéos, des ressources permettant l’autonomisation, la continuité des apprentissages hors des cours

voir aussi les formations du CRI, de la CIMADE, de l’union des Centres Sociaux, du Centre social d’Endoume, Asso Didac’Ressources, l’UDAF, Mot à mot, Secours Catholique, ACT

Table ronde sur le dispatching des migrants (comment diriger ou rediriger au mieux les migrants nouveaux arrivants ?)

Le dispatching : une idée à préciser, envisager un accueil physique, ou une centralisation des demandes et surtout des offres ?

En fait 2 volets :

  1. Le dispatching des demandeurs de cours de français
  2. Le dispatching des bénévoles

1) :

-Réactualiser très fréquemment les listes des possibilités de formation et de préciser les modalités d’inscription (coût en particulier) et ce qui est proposé.

-Répertoire du CRI n’est pas vraiment adapté pour cela car il n’est pas exclusivement destiné aux migrants mais à toutes personnes en situation d’illettrisme ou d’analphabétisme.

-Idée d’un lieu dédié à ce dispatching avec une équipe constituée qui fasse un travail préalable de lien avec les diverses associations et qui soit aussi « volante » dans le sens de se déplacer jusqu’aux migrants dans certains lieux où ils se retrouvent (exemple de la plateforme d’asile)

-Comment gérer les listes d’attente ?

La liste d’attente n’est pas une solution, cela cause du découragement

-A la CIMADE, lorsqu’une personne appelle demandant un cours, la personne vérifie d’abord où habite le migrant pour l’adresser au plus près de chez lui.

-Pour ce qui est des lieux d’enseignement, chercher du côté des CADA : ils auraient des salles vides et manqueraient de formateurs.

2) :

-Du fait de l’actualité, regain de propositions de bénévoles mais on les a refusés car crainte par rapport à leurs capacités… Gestion sous optimale des candidatures de bénévoles ?

-Procédure de recrutement des bénévoles assez variées

-Ou chercher des bénévoles ? Exemple de RESF qui a des compétences et des connaissances, une réactivité pour trouver des places en formation à divers niveaux (lycée pro, université) lorsque des formations sont incomplètes à la rentrée

-Proposer un 1er contact avec une ou 2 associations d’accord pour accueillir des « observateurs » dans les cours afin d’appréhender a minima ce à quoi on se destine lorsqu’on veut devenir bénévole FLE

-Il faut quand même un minimum d’expérience du monde des migrants et en même temps, on peut avoir de bonnes surprises avec des profils de bénévoles très variés.

-Faut-il envisager la création d’une fonction d’accompagnant pour franchir les étapes ? Depuis le début de l’apprentissage jusqu’à des associations plus spécialisées…

Conclusion

Rester très souple et créer une équipe référente avec des personnes volontaires des structures existantes ou de nouveaux bénévoles pour faire ce double dispatching.

Continuer à soutenir le plaidoyer contre toutes les restrictions dans le domaine de l’accès au français pour les migrants mais démarrer malgré tout cette action dont l’objectif n’est pas de réduire la place des enseignants FLE

Table ronde sur les droits des migrants et des formateurs, les politiques de financement, les contenus des formations, le fonctionnement et la politique des organismes de formation. Plaidoyer

PISTES D'ACTION

  • Nous avons la volonté d'interpeler l’État sur

-L'impossibilité pour des personnes peu ou pas scolarisée de pérenniser leur situation administrative (carte pluriannuelle ou carte de 10 ans) si le niveau A1 est exigé à l'écrit après 200h maximum et si l'A2 est exigé à l'écrit pour la carte de résident ; EXCLUSION INACCEPTABLE.

-Plus d'une centaine de jeunes migrants de moins de 16 ans qui n'ont pas de pas de place dans un établissement scolaire à cette rentrée.

-Le grand nombre d'actions bénévoles qui pallient aux manques de l’État à des endroits qui relèvent de sa responsabilité.

-Et de nombreuses autres choses à formaliser encore !

  • 3 pistes à poursuivre:
  • Communiquer à la presse locale et sur les réseaux sociaux :

Rédaction collective d'un plaidoyer autour de l'évolution de la politique qui concerne le droit des étrangers.

Rq : Stéphanie Clerc Conan a proposé de nous transmettre des textes rédigés dans ce sens en Bretagne.

Projet d'utiliser une plateforme comme we.riseup.net pour élaborer un texte collaboratif.

  • Rédiger une charte du groupe langue du réseau Hospitalité, qui définit l'éthique des individus, structures, salariés, bénévoles intervenant dans l'accompagnement linguistique des migrants.

A priori travaillée collectivement à la prochaine rencontre du groupe langue, à confirmer.

  • Créer un syndicat de formateurs professionnels ou une section FLE d'un syndicat existant : projet amorcé par le collectif FLE, qui pourrait continuer de le porter, en étant toujours ouvert à tous.

Intervention de Stéphanie Clerc Conan : voir ici un résumé de sa contribution en PDF.

Auteurs cités (qui défendent notamment une approche socio-didactique de la formation linguistique) :

Luc Biichlé, Philippe Blanchet, M. Gout, Aude Brétégnier, Noëlle de Smet, H. Walter, Ophélia Garcia

Des ouvrages : Les mots voyageurs, Cher pays de mon enfance, Les identités meurtrières (Amin Maalouf).

Des idées :

"partir des pratiques sociales des apprenants" "leur laisser un espace d'expression sur les représentations du français" "vivre la langue plutôt que l'apprendre" "se dire dans cette langue" "poursuivre une approche plurilingue et travailler sur nos capacités de méta-communication" "être ouvert à l'hospitalité entre les langues, au mélange des langues, au translangage" "questionner nos représentations" "Qu'est-ce que les apprenants ont 'besoin' de dire?" "qu'est-ce que 's'intégrer?" "prendre conscience de la valeur sociale de la langue"

Des supports/outils didactiques : les biographies langagières (fleurs des langues), traduction d'albums en français en différentes langues avec le concours des parents d'apprenants, des travaux d'écriture (poèmes, pièces de théâtre) ...

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